14 mai 2008

Reaper - Saison 2 : Regeneration

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Il y a encore deux semaines, Reaper était le genre de série que je suivais du coin de l’œil en attendant une prochaine annulation. Pourtant, la récente annonce de son renouvellement par la CW m'a fait plaisir. Retour sur une nouveauté qui a su profiter de la grève…

Au départ, Reaper, c''était un pitch de départ décliné à l'identique sur près de 13 épisodes sans l'ombre d'une innovation : à savoir le héros employé dans un magasin d’outillage qui chasse des âmes échappées des enfers pour le compte du diable, avec accessoirement l’aide de ses deux potes. Et quelques interactions avec d’autres persos plus ou moins effacés: au boulot : Ted, l'irritant assistant manager, Andy, la (très) jolie fille destinée à finir avec lui, et à l’extérieur : Josie, dans le rôle ingrat de la meilleure copine de cette dernière, les parents du héros, et son frère invisible.

Reaper, ça a aussi été sur le fond une ambition proche de Charmed : une soi-disant menace surnaturelle, des intrigues personnelles soporifiques et prétendument drôles sensées alléger le tout, et une affaire torchée au bout de 40 minutes avec un diable au sourire quasi permanent qui rappelle à la fin qu’il est méchant, même si il en a pas l’air. Une imperturbable structure narrative, balisée à l’extrême : l’arrivée du diable - le contenant - la capture - le dépôt chez Gladys.

Et Sock qui balance des vannes à chacune de ses scènes, histoire de compenser la fadeur de l’interprète principal.

Le manque de mythologie solide et maitrisée apparaît donc très vite comme le véritable point faible de la série. Aucun véritable arc ne se dégage véritablement des 10 premiers épisodes, si ce n’est deux choses : 

  • le contrat signé par les parents de Sam avec le diable, élément mythologique destiné sans doute à être développé ultérieurement, 

  • une ancienne romance du diable, incarnée par la sublime Melinda Clarke, et surtout ses conséquences, avec le perso de Cady, interprété par la non moins délicieuse Jessica Stroup.

Le dernier épisode pré-grève s'achevait ainsi sur les débuts de la relation Sam-Cady, avec pour futures intrigues envisageables, la révélation de la nature démoniaque de cette dernière et sa future rivalité avec Andy. Bref, pas de quoi se relever la nuit.

Et, en avril, le 11ème épisode est arrivé. Une intrigue du jour bateau, et pourtant, une impression de changmement… Cady est aux abonnés absents, Sam déménage et s’installe avec Ben et Sock dans un appart tout neuf, et la mère de Sock fait une apparition tout aussi rapide qu'inutile. L’épisode suivant poursuit sur cette lancée : deux nouveaux personnages font leur apparition, à savoir le couple de voisins, et Casey revient une dernière fois pour une brève et très vite expédiée confrontation avec Andy.

Via cette laborieuse et douloureuse phase de transition, c’est une véritable redistribution des cartes qui est opérée : la série se recentre sur ses jeunes personnages, les parents passent officiellement à la trappe, et l'univers fantastique de la série se développe, s’affranchissant de gimmicks déjà très pesants. 

Avec l’épisode 13, un cap est vraiment franchi par des scénaristes qui semblent décidés à ne plus cloisonner les personnages et à prendre des risques. La révélation de la véritable nature des voisins et l’implication d’Andy dans l’escaped soul du jour sont ainsi autant de perspectives intéressantes.

L’épisode 14, le bien-nommé Rebellion, s’avère être ainsi tout simplement le premier bon épisode de la série : avec son rythme très soutenu, son intrigue intéressante qui aurait pu nourrir plusieurs épisodes, et un sympathique toutéliage, on a l’impression de redécouvrir la série. Ken Marino s’avère être une très bonne addition au casting, et on se surprend à vouloir voir le suivant.

Et on n’est pas déçu : les intrigues sont assumées, avec des développements parfois attendus, mais annonciateurs de bonnes choses, avec un Tony qui prépare sa révolution et une Andy qui apprend enfin la vérité.

Alors oui, les points faibles demeurent : à savoir des raccourcis toujours trop visibles (et vas-y qu’on te parle du complot au téléphone), un perso principal toujours aussi peu attachant (un peu Meredith Grey dans son genre, celui-là), des intrigues secondaires peu folichonnes (le mariage blanc de Ben, sa future copine, probable Josie 2.0…) et la nécessité d’un monster of the week toujours aussi barbant.

Mais le plaisir est là : la série se développe, les personnages prennent enfin corps, et les enjeux sont intéressants. Si elle demeure un rejeton un peu bâtard de Buffy, sur le fond, avec son second degré et son côté teen show fantastique, et sur la forme, avec ses loners inauguraux et son arc final, elle trouve néanmoins progressivement sa personnalité.

J’espère que les trois derniers épisodes continueront sur cette lancée, et, qu’à l’instar de Supernatural, elle nous proposera une seconde saison d’un niveau supérieur, qui me fera oublier qu’elle est la cause de l’arrêt d’Aliens In America…

Posté par Brundle à 15:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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