03 février 2009
Le Top 5 des séries victimes des bébés maléfiques
Je viens d'apprendre que Sarah Shahi était enceinte, et ça me fout un peu en rogne. Et je suis même sûr qu'elle l'est un peu aussi. Life, la série dans laquelle elle joue, diffusée sur NBC, est en effet en sursis. Après une première saison aux audiences correctes, celle-ci plafonne aujourd'hui à 6 millions de télespectateurs. Ce qui est insuffisant... même pour NBC. Cette nouvelle n'arrange donc pas les choses. La réussite de son duo avec Damian Lewis demeure l'une des raisons de mon assiduité. Deux flics partenaires malgré eux (enfin surtout malgré elle), qui apprennent à s'apprivoiser, et même à s'apprécier ; une recette vue et revue, mais traitée ici avec subtilité et élégance.
Cet heureux évènement (ben oui, quand même) hors caméra aura des répercussions sur le show, la principale étant un temps d'antenne largement réduit pour la jolie demoiselle, dont le perso ne fera malheureusement plus équipe avec Crews. Reste à savoir si sa grossesse sera intégrée, choix scénaristique délicat et souvent casse-gueule. En même temps, tout le monde n'a pas le luxe d'être sur HBO...
Top 5 des séries US victimes de la vie privée d'une actrice, un post avec plein de familles dysfonctionnelles...
5. Studio 60 on the Sunset Strip
OK, passés les deux brillants premiers épisodes, ça tournait déjà en rond... mais si la deuxième moitié de son unique saison est une catastrophe, ce n'est pas seulement à cause de la platitude des intrigues et des persos secondaires creux et inintéressants, mais surtout parce que Amanda Peet a eu la bonne idée de tomber enceinte. Son perso, Jordan McDeere, l'est alors forcément et son collègue Danny Tripp décide de l'accompagner dans cette épreuve parce qu'il l'aimeeeuuh. Bref, l'intrigue type de fin de série essoufflée, meurtière pour un drama qui peine à trouver ses marques. A l'instar par exemple d'un Rob Thomas (mais dans une bien moindre mesure), Sorkin est un homme d'intrigues et pas de personnages ; en décidant de mettre en avant ces derniers, au détriment de l'univers qu'il s'efforcait initialement de dépeindre, il se tirait une balle dans le pied. Résultat, un show déséquilibré et décevant.
4. Friends

Septembre 1997, début de la saison 4. Tout le monde le sait, Lisa Kudrow est enceinte. Sitcom oblige, les zooms caméras sont exclus, Kauffman et Crane n'ont guère le choix : Phoebe doit tomber enceinte. Et faire de l'un de leurs six ados attardés, (et le plus décalé) un adulte. Chose inconcevable à leurs yeux à ce moment de la série, les poussant à élaborer la storyline la plus perturbante de l'histoire du show : Les triplés qu'elle portera durant une quinzaine d'épisodes seront le résultat d'une insémination artificielle effectuée à partir du sperme de son demi-frère, la femme de ce dernier étant trop âgée pour cela.
Au final ? Peut-être l'arc le plus touchant de Phoebe, dans la continuité du personnage, car complétant au passage le très complexe arbre généalogique des Buffay, et une conclusion en apothéose avec un mémorable 100ème épisode consacré à l'accouchement, mêlant avec brio médecin fan de Fonzie, calculs rénaux, et une petite fille nommée Chandler. Et offrant une statuette dorée à sa talentueuse interprète.
Autre grossesse imprévue cette même année : celle d'Helen Baxendale, l'interprète d'Emily, la 2ème Mme Geller, réduite à quelques apparitions en saison 5, et à une conclusion un poil précipitée, mais plutôt réussie de sa relation avec Ross. De toute façon, c'est la meilleure saison.
3. Alias
ABC, saison 2005-2006. Après une longue période de vaches maigres, le network récolte les fruits de son impressionnante précédente année, alignant les hits d'audience et critiques, et rivalisant avec CBS. Première victime de ces succès, Alias. La deuxième série de JJ Abrams, renouvelée principalement sur le nom de ce dernier (alors co-pilote de Lost) et grâce à la popularité de son actrice principale, s'apprête à payer ses éternels mauvais chiffres, pas compensés par un progressif désintérêt des critiques.
C'est durant le printemps 2005 que Jennifer Garner annonce la future naissance, et c'est peu de temps après que les scénaristes officialisent l'inévitable : Sydney Bristow le sera également. Dur coup pour la série d'espionnage, qui aligne alors les nouvelles (jolies) têtes, comme prétendantes à la satisfaction du quota sex-appeal/action de la série. A la mi-saison, Garner fait même part de sa volonté de quitter la série, et donc de passer le flanbeau à la très jolie Rachel Nichols. ABC en décide autrement, annoncant avec classe l'annulation de la série durant le hiatus d'hiver, et racourcissant au passage la saison de 5 épisodes.
Le résultat à l'écran ? Un second degré encore plus assumé durant la dizaine d'épisodes qui verront une Sydney plutôt encombrée par son ventre durant des missions un peu moins risquées, mais tout de même riches en cascades en tout genres. Un accouchement express entre deux explosions d'hélicoptères au cours d'un très bon épisode, et une storyline au final assez logique ; après quatre saisons à découvrir sa très compliquée famille, Sydney fonde la sienne. Avec un dénommé André Michaux.
2. Scrubs

Alors que la série approche ENFIN de sa conclusion (oui, vraiment pas convaincu par la saison 8...), il convient de revenir sur ses glorieuses et créatives premières années. Le 11ème épisode de la série marquait l'arrivée d'une certaine Jordan Sullivan, membre du conseil d'administration du Sacred Heart, et accessoirement ex-femme du Dr Cox. Femme de caractère, sexy en diable, celle-ci trouve tout de suite sa place dans l'univers de la série. Eclairant le passé de Cox, liée à l'intrigue dramatique la plus réussie de la série, à savoir la maladie de son frère Ben, ses apparitions au cours de la première saison sont rares et attendues. Le cliffhanger final est d'ailleurs provoqué par elle, laissant augurer le meilleur pour la suite. C'est pourtant le début de la fin du perso tel qu'on le connaît. Bill Lawrence épouse l'actrice durant l'entre-saison, qui annonce sa grossesse peu de temps après. Jordan est enceinte, et la délicieuse garce qu'elle est va devoir inévitablement gagner en humanité. Et c'est plutôt adroitement que les auteurs gèrent cette évolution... du moins au début. Ne pouvant cumuler son job et son rôle de maman (quel féministe, ce Bill Lawrence !), celle-ci devient mère au foyer à temps plein, botoxée à l'extrème, obsédée sexuelle, hargneuse, agacante et plus drôle du tout. Une caractérisation à l'extrême de ce qu'est devenue la série avec le temps : crispante.
La saison 4, année charnière, nous laissait pourtant présager, lors de son season finale, le mal nommé My Changing Ways, une véritable évolution, avec la "séparation" de JD et Turk, le départ d'Eliott, et Jordan revenant bosser à l'hôpital. Une véritable tromperie généralisée que l'on réalisera dès le début de la saison 5. L'intrigue passe à la trappe, Jordan Sullivan n'est définitivement plus. Depuis, des apparitions pathétiques et quasi-régulières dont on se passerait bien. Un gâchis en puissance.
1. Angel
Ah, la saison 4 d'Angel... Mon récent marathon de cette très chaotique année m'aura rappelé une chose : les grossesses imprévues dans les séries fantastiques, c'est très embêtant. Qui plus est dans le whedonverse. (Je n'ose pas imaginer comment Joss aurait géré une grossesse de Sarah Michelle Gellar..). L'importante évolution amorcée avec le perso de Cordelia lors de la saison précédente prends un tournant pour le moins innattendu, quand celle-ci devient le Big-Bad de la saison, et accessoirement la génitrice d'un démon prétendument pacificateur au physique de Gina Torres.
Si sur le fond la pillule a déjà du mal à passer, ça coince encore plus sur la forme. Après deux arcs pour le moins maîtrisés - Rain of Fire (E07 à E09) et celui du retour d'Angelus (E10 à E12) - la série enchaîne les rebondissements à outrance et les choix scénaristiques douteux (the Beast tué par Angelus étant en tête de liste...). La pourtant très visible grossesse est complètement ignorée des autres personnages, qui l'apprennent trois épisodes avant l'accouchement, lui-même amené péniblement par des auteurs ne manquant pourtant pas de culot : tous les évènements passés de la série n'auraient été que de simples étapes censées mener à ce moment précis. Mouais... Il reste qu'au final, j'aurais préféré voir Cordelia Chase quitter le show une année, justifiant son absence par son nouveau statut d'higher being. Son retour n'en aurait eu que plus d'impact.
La première victime de cette grossesse restera évidemment la destruction quasi-totale du personnage de Cordelia, touche féminine et sexy de la série depuis ses débuts, à l'intérêt déjà atténué par sa pas très convaincante love story avec Angel, et qui quitte le show les pieds devant, au terme de cette quatrième année. Dommage collatéral non négligeable, le prometteur personnage de Connor, progressivement réduit à deux éternelles storylines, à savoir sa relation conflictuelle avec son père, et son histoire avec Cordy : les deux, mal écrites, finiront par le conduire à un point de non-retour au court d'un season finale "reset".
Heureusement, deux épisodes de la saison 5 se chargeront de réhabiliter chacun d'entre eux : le joliment nostalgique You're Welcome de David Fury, et le très réussi Origin de Drew Goddard.