02 septembre 2009
Bilan Saison 2008/2009 : Câble US
C'est parti pour mes coups de coeur de la saison passée du câble US (comprendre début juillet 2008-fin juin 2009). Je ne parlerai évidemment pas des obscurs diffuseurs de shows bloqués dans les 80s (TNT, USA Network..), mais bel et bien des indispensables HBO, FX, Showtime, et désormais AMC.
Et si la dernière saison de the Shield restera définitivement à part, il y a aussi eu d'autres bonnes choses, et même de très bonnes.
Mon gulty-pleasure :
True Blood - Saison 1
******

Alan Ball s'est fait plaisir. Et nous aussi. Du recyclage certes, mais haut-de-gamme, inspiré, drôle, et passionnant. Alors tant pis si l'intrigue du serial-killer fait archi-rabâchée, pour les effets parfois très kitsh, et l'insipide couple d'acteurs principaux, True Blood a été la meilleure nouveauté de la saison 2008/2009. Grâce à son ambiance, unique, son ton comico-horrifique, ses excellents personnages secondaires et plus généralement une véritable maîtrise de la fiction ultra-feuilletonnante et décomplexée.
Mes psychopathes :
Dexter - Saison 3
******
C'était pas aussi mauvais que je le craignais. (En même temps, je craignais beaucoup.) La saison 4 va bientôt commencer, et forcément, à nouveau, j'espère. J'espère que les personnages secondaires seront enfin utilisés intelligemment, que la trame principale sera bien plus solide que la précédente, et, surtout, que la special guest de la saison ait cette fois-ci non seulement un impact durable sur Dexter, l'homme, mais aussi sur l'histoire. Et plus généralement que les auteurs donneront enfin l'impression de savoir où ils vont.
Parceque après Dexter, le frère, l'amant et l'ami, on en arrive au père. Et là, on approche, je pense, du coeur de la série.
Sinon, ça va, j'apprécie toujours Jimmy Smits.
Breaking Bad - Saison 2
******

La perfection et la noirceur des 11 premiers épisodes de cette deuxième saison laissaient présager un final imprévisible, mais jouissif. Et ce fut le cas, du moins pour le côté imprévisible, les dernères minutes me laissant toujours aussi perplexe.
Mis à part ce détail, reste une saison magistrale, composée d'épisodes géniaux (Peekaboo, 4 Days Out..) et plus que jamais marquée par la descente aux enfers de Walt, bien plus terrifiante que celle de Jesse, car consciente. Car si ce dernier a des excuses, le professeur et père de famille qu'il est n'en a pas : c'est un véritable plaisir criminel qu'il éprouve épisode après épisode, épreuve après épreuve, un acte injustifiable en chassant un autre. C'est un être humain de plus en plus détestable qui évolue sous nos yeux il est vrai fascinés. C'est ainsi que, bien plus que la maladie, l'épée de Damoclès du show se situe bien plus du côté de la dernière barrière morale de son "héros".
Mes familles dysfonctionnelles :
Big Love - Saison 3
******

Voir un bon drama devenir une grande série est quelque chose de rare. Ce fut pourtant le cas pour la méconnue série d'HBO. Malgré un trop plein d'intrigues parfois trop évident (la loi de Murphy à son paroxysme), une saison frôlant le sublime : essentiellemement du côté des personnages féminins, d'une complexité rendue palpable par l'interprétation mais aussi par l'écriture et la réalisation, pour des instants parfois touchés par la grâce. Bien plus qu'une série sur les mormons, une oeuvre sur les femmes.
United States of Tara - Saison 1
******
Une dramédie Showtime de 30 mn, avec tout ce que cela implique : une actrice de 40 ans modéremment connue (donc plus ou ou moins useless pour le ciné) dans un rôle de mère de famille hors normes, un cast secondaire un peu haut de gamme, de l'humour et une petite touche trash.
L'avantage ici, c'est que c'est Toni Collette qui s'y colle. Et forcément, elle assure, notamment lors de ses scènes face caméra, une facilité narrative d'ailleurs vite pardonnée. Alors même si ça tout ça aura été bien calculé, elle le mérite vaiment, son Emmy.
Et un générique pas cynique, ça fait un bien fou. Surtout avec une pareille musique.
Mes séries intropsectives :
Mad Men - Saison 2
******
Une seconde saison un poil plus rythmée pour le show le plus sexy du câble US (pour les networks, c'était Life, évidemment). Un univers toujours aussi fascinant, porté par l'écriture ciselée de l'équipe de Matthew Weiner et l'interprétation de ses charismatiques acteurs. Au final, et malgré une persistante distance vis à vis des personnages, inhérente à toute fiction historique, une véritable empathie pour ces hommes et ces femmes, victimes et bourreaux à la fois, mais avant tout prisonniers de leur époque.
Sinon, et contrairement ce que peuvent penser certains, Revolutionnary Road est un excellent film.
In Treatment - Saison 2
******

Un peu déçu. Le pouvoir de fascination exercé par la première saison n'aura pas perduré. Une saison que j'ai trouvée moins intense, plus forcée, et moins addictive que la première. Peut-être parce que je me suis détaché de Paul, de ses doutes, de ses problèmes, (son nouveau célibat, son éventuel procès..) et que les séances du vendredi n'ont pas aidé, la très patiente Gina révélant semaine après semaine un homme bien trop pétri de contradictions, souvent agressif et paumé, en contraste total avec la confiance dégagée lors de ses consultations de la semaine écoulée.
Des patients, qui, bien que plus ancrés dans la réalité que ceux de l'année passée - une jeune cancéreuse en déni, la quarantenaire active qui vacille, les récents divorcés et leur fils et le sexagénaire chef d'entreprise en fin de règne - m'ont semblé quelque peu artificiels et trop écrits. Miroirs beaucoup trop évidents de Paul, ceux-çi peinent à exister de par eux-mêmes, et ce malgré le talent des acteurs, tous impressionnants, partculièrement le jeune Aaron Grady Shaw, tout en retenue et en mélancolie.
------------------
Sinon, je suspecte John Mahone et Alison Pill d'avoir été pistonnés par une Dianne Wiest rencontrée sur le tournage du film Dan in Real Life, avec Steve Carell. Ce dernier avait de son côté déjà récupéré Amy Ryan et présenté Emily Blunt à John Krasinski.
11 août 2009
Bilan Saison 2008/2009 : NBC

C'est reparti pour les bilans ! Aujourd'hui, celui de mon network de référence, NBC. Malgré Knight Rider, Kath & Kim et Tim Kring.
Mon Must-See TV :
The Office - Saison 5
******
I don't care if Ryan murdered his entire family! He is like a son to me. - Michael Scott
Une très, très bonne saison pour ma comédie préférée ; la plus longue de la série, la plus riche, (un arc final excellent) mais également la plus préoccupante pour l'avenir du show. Car ça y est, les dernières cartouches ont été utilisées : Michael a fait sécession le temps de quelques épisodes, Pam et Jim ont commencé à se reproduire, Dwight est devenu pote avec Andy et s'apprête à renouer avec Angela, et Amy Ryan s'est définitivement imposée comme l'âme soeur de Michael. Une saison aux airs d'épilogue, ne laissant que peu de pistes exploitables sur le long terme, si l'on excepte la récente (et bienvenue) promotion de Pam et l'arrivée de la nouvelle et jolie réceptionniste.
Car oui, je crains toujours un destin à la Scrubs pour la série, une qualité déclinante à force de redondance et d'épuisement créatif des scénaristes. Ce qui arrivera, d'une façon ou d'une autre, comme toute grande sitcom à succès qui se respecte.
30 Rock - Saison 3
******
Friendship and trust in the entourage is the most important thing. Like that HBO show, John Adams. - Tracy Jordan
C'était franchement pas terrible ; une fournée peu inspirée, rarement drôle, à peine sauvée par une poignée d'épisodes et une guest-star particulièrement en forme(s). - Non, pas toi, Jennifer... - Vivement que Tina Fey réalise qu'elle a tout un cast secondaire à sa disposition. Et que Tracy Morgan n'est vraiment pas drôle. Même avec des bons dialogues.
Parks and Recreation - Saison 1
******
I'm going to see my mom. She's a big mucky-muck in the county school system. She's my hero. How do I explain her? She's as repected as Mother Theresa; she's as powerful as Stalin and she's as beautiful as Margaret Thatcher - Leslie Knope

J'attends beaucoup de cette série. Pour l'équipe créative, pour les comédiens, pour le thème, et pour le très chouette générique. Et ce malgré six épisodes inauguraux plus que moyens, et un humour parfois lourdaud. Car le potentiel est là, j'attends donc de voir la saison 2 l'exploiter, et accessoirement offrir à NBC un digne successeur à Scrubs.
----------------
Mes playlists :
Chuck - Saison 2
******
- Sylvia : Mr. Carmichael, I didn't expect you to come so quickly.
- Chuck : Charles Carmichael always comes quickly.
- [awkward pause]
- Casey : [over watch-phone] Smooth, Bartowski.
Du mieux, indiscutablement : de Jack 2.0 ramolli (un pléonasme, je sais), la série s'est mu en divertissement plutôt superficiel, certes, mais agréable, drôle et rythmé. La comédie l'emporte enfin sur l'action (toujours aussi foireuse), les guests donnent lieu aux meilleurs épisodes, et la bande-son déchire toujours autant. La mythologie ? Ben, on s'en contrefout quand même un peu...
Life - Saison 2
******
One plus one equals one. - Charlie Crews

Là aussi, une très belle saison. Plus légère que la première, mais toujours aussi soignée, Life m'aura encore séduit, avec son très beau duo d'acteurs, sa mise en scène élégante, et sa musique impeccable. La série s'éloigne définitivement du cop-show lambda, pour s'imposer comme un drama avant tout humain. Une vraie série NBC, qui n'a pas rencontré son public : la faute peut-être à un ton trop original, et à quelques épisodes il est vrai soporifiques. Merci néanmoins au talentueux créateur, Rand Ravich, pour son series finale, particulièrement réussi, plus que jamais centré sur ses personnages, et passionnant de bout en bout.
--------------------
Mon éternel coup de coeur :
Friday Night Lights - Saison 3
******

Une magnifique saison. FNL aura renoué avec les sommets de sa première année, pour nous offir 13 épisodes de toute beauté. Petit bémol, cependant : le passage à la trappe de certaines storylines de la saison 2. A la télé, M. Katims, les erreurs, ça se répare, ça ne s'oublie pas...
En septembre, un peu comme l'a fait Skins, c'est un nouveau cycle qui commencera à Dillon, avec quelques défis de taille pour la production : le départ de piliers de la série, un nouveau casting, et un Jason Katims décidé à showrunner toutes les séries du network à la fois. Deux nouvelles saisons néanmoins garanties, pour une série miraculée ; le dernier grand drama d'NBC n'a pas fini de nous surprendre.
---------------
E-R a tiré sa révérence (avec panache, il paraît), et aucun successeur à l'horizon. Des séries de qualité, NBC en aura pourtant encore lancé cette année ; My Own Worst Ennemy se sera ainsi avéré un produit assez bien emballé, au casting haut de gamme (Christian Slater, Madchen Amick et Saffron Burrows, quand même!), et plutôt bien écrit. Une série au potentiel évident, trop rapidement annulée.
D'ailleurs, programmer une série d'espionnage après Heroes, ça relève vraiment de la bêtise pure.
Kings et Southland, plutôt bien accueillis par la critique, semblent être du même acabit : des nouveautés ambitieuses, dans la ligne éditoriale de la chaîne (tendance Kevin Reilly). Ces nouveaux échecs d'audiences y sont évidemment pour beaucoup dans la fameuse suppression de la case horaire de 22-23h. NBC diffusera bel et bien moins de séries, et c'est vraiment dommage.
08 juillet 2009
Bonnes Vacances !

Le meilleur reste à venir... Vacances oblige, les bilans d'NBC et du câble US, ce sera pour Août. Bon mois de Juillet, en compagnie d'Entourage, True Blood, Rescue Me, Weeds et des petits nouveaux, Hung et Nurse Jackie, et à très bientôt !
03 juillet 2009
Bilan Saison 2008/2009 : ABC
A priori le network le plus populaire de ces dernières années. Mais aussi le moins créatif : cette année encore, capitalisant sur ses valeurs sûres, bien que vieillissantes, peinant à en créer de nouvelles, et tentant toujours d'imposer une soirée comédies, ABC nous aura proposé une saison très moyenne. Une de plus.
Les meubles :
Desperate Housewives, Grey's Anatomy - Saisons 5
******

C'est bien plus par habitude que j'ai suivi les routinières cinquièmes saisons de Desperate Housewives et Grey's Anatomy. Deux dramas qui peinent à se renouveler, mais généralement agréables à regarder, d'un oeil distrait, et avec indulgence. Car tandis que Shonda Rhimes tente toujours maladroitement de rafistoler son jouet, toujours bien amoché par la surenchère dramatique et sentimentale des saisons précédentes, Marc Cherry, ou du moins son équipe, nous aura livré une saison plus fade encore que la précédente, gâchant le potentiel du cliffhanger passé, en en tirant une trame principale peu inspirée et des storylines poussives.
--------------------
Les oubliés :
Pushing Daisies, Dirty Sexy Money - Saisons 2

Au final, je n'aurais vu que les quatre premiers épisodes de ces nouvelles fournées. Rescapés de la chaotique saison précédente, et ce principalement en raison de leurs pedigrees respectifs (à savoir acteurs et/ou auteurs reconnus), les deux dramas peinent véritablement à s'imposer, à innnover, et à retenir le télespectateur le plus tenace, et finissent logiquement par disparaître de la grille des programmes avant même d'atteindre la mi-saison.
Aucun regret véritable à leur sujet. J'ai même hâte de retrouver l'attachant cast de Pushing Daisies dans des rôles disons plus... sexués, et surtout Bryan Fuller à la tête d'un projet renouant avec le cynsime de ses premières créations. Quant à Greg Berlanti, je suis sûr qu'il a encore une bonne demi-douzaine de projets aussi peu originaux que celui-ci sous le coude. Et avec des castings tout aussi formatés.
------------------
Les comédies :
Ont pour point commun d'avoir un capital sympathie supérieur à leur valeur réelle. Et de mettre en scène de jolies garces.
Scrubs - Saison 8
******
He was supercute

On attendait la fin de la série, ce sera celle d'un cycle. Celui de J.D, de ses aventures professionnelles et sentimentales, de ses fantasmes, de son entourage au cerveau hypertrophié et de son iPod chargé avec goût. Car Bill Lawrence, valeur sûre de la sitcom US, auteur expérimenté (Friends), sauveur de Michael J. Fox (Spin City), pionnier incompris (Nobody's Watching) a considéré que sa série devait continuer. Sous une autre forme.
Et ça ne me plaît pas du tout.
Car après une telle saison, chant du cygne à l'égard des personnages comme de l'univers, et surtout un final plus que jamais centré sur JD et s'achevant (quand même!) sur un simili-flash forward et une version instrumentale de Superman, j'ai légèrement l'impression de me faire entuber.
Mon seul petit réconfort pour la neuvième année, celui de retrouver les nouveaux jeunes internes (et l'hilarant infirmier Jimmy), pour la plupart inexploités, et dont la fraîcheur et l'enthousiasme y ont été pour beaucoup dans la regardabilité d'une saison globalement ennuyeuse. La sublime Eliza Coupe en tête, évidemment.
Better off Ted - Saison 1
******
Ted Doesn't Control The Universe

Egalement une série de mi-saison, encore en cours de diffusion, certes, mais suffisamment bien rôdée pour se faire un avis. Une sitcom à suivre, définitivement, et ce pour au moins une raison : Portia de Rossi. Sexy et hilarante en femme d'affaires froide et déshumanisée, personnalité qu'elle maîtrise à merveille depuis une certaine série des 90s, elle illumine l'écran et éclipse tous ses partenaires (mise à part peut-être une Andrea Anders également très en forme). Le troisième épisode, Trough Rose Colored, centré sur elle, s'avère ainsi être le plus réussi des sept premiers épisodes d'une comédie plutôt inégale.
Pourquoi ? Peut-être parce que le créateur, Victor Fresco recycle. Trop similaire à sa bien plus réussie précédente oeuvre, Andy Richters Controls the Universe, l'impression de déjà-vu persiste, et ce malgré quelques différences, la première, notable, étant la structure même du show : le détenteur de l'exentricité diffère en effet complètement : ce n'est plus l'anti-héros décalé qui détonne dans un cadre professionnel étriqué mais bien le contraire ; et, allez savoir pourquoi, un cadre sup' beau gosse parfait avec enfant à charge qui bosse dans une boîte de barges, c'est beaucoup moins drôle.
Ainsi, pour voir par exemple M. Fresco nous parler de racisme, mieux vaut opter pour l'excellent We're All The Same, Only Different (2x01) de ARCTU, que le juste sympathique Racial Sensitivity (1x04) de sa nouvelle série.
----------------------
Les bonnes séries :
Et même de sacrées bonnes séries. Et c'était pourtant pas gagné d'avance. Clairement deux des nouveautés les moins abouties de la saison 2004/2005, bien moins convaincantes même que les deux premières séries de cet article. Et pourtant... S'éloignant progressivement des tâtonnements de leurs débuts, Lost et Boston Legal auront évolué de façon vraiment inattendue, pour devenir des dramas de qualité ; la recette est la même : des choix scénaristiques culottés mais dosés et réfléchis, ainsi qu'une écriture originale et hautement addictive sur le long terme.
Boston Legal - Saison 5
******
Bon, ben c'était chouette. Si on oublie la fin. Un series finale raté, concentrant la plupart des défauts du show et autres tics de son créateur en une heure et demi. En cela, David E. Kelley reste à mes yeux un auteur grand public. Un mec brillant, drôle et souvent subtile, mais bien trop peu soucieux de la qualité finale de ses séries et des attentes de ses fans. Boston Legal ne restera qu'un divertissement haut-de-gamme. En gratifiant - encore une fois - l'une de ses séries, d'une sortie ratée, il a à nouveau confirmé une chose : il se fait avanr tout plaisir. Tant mieux pour nous si on le suit.
Bref, au final, des adieux laissant un goût un peu amer. Resteront de sa troisième série judiciaire, vrai best of de ses créations précédentes, que ce soit dans le ton comme dans la narration, des plaidoiries brillantes portées par un James Spader parfait, (quoique un peu empâté...), un générique très réussi, et surtout une vraie bonne idée : les avocats n'ont pas à être jeunes et sexy pour passionner.
Lost - Saison 5
******

Lindlelof poursuit sur sa lancée. Un premier tiers de saison excellent, d'une complexité narrative jamais encore atteinte dans la série, doublée d'une maîtrise incroyable, suivi de deux autres actes certes moins rythmés, mais renouant avec l'ambiance feutrée et mystérieuse des débuts, tout en nous plongeant au coeur même de la mythologie.
En faisant confiance aux auteurs, ABC semble leur avoir tenu un discours d'habitude réservé aux scénaristes du câble. Du genre "faites ce que vous voulez les mecs, continuez à nous passionner, dîtes nous combien de temps il vous faut. Vous bâtissez une oeuvre majeure de la pop culture, et avez plus fait pour notre image que n'importe quel autre show de ces dix dernières années. "
Enfin plus ou moins.
Alors malgré un final un poil décevant en comparaison aux précédents, on ne peut qu'avoir confiance pour la prochaine et dernière saison. A moins de sombrer dans une bouillie mystico-religieuse aux relents mooriens, Lost continuera, je pense, à nous épater et nous surprendre. Cette année, elle aura même réussi au niveau des personnages. Ce cher Sawyer, servi par un très bon Josh Holloway, aura ainsi été une révélation.
28 mai 2009
Bilan Saison 2008/2009 : FOX
Cette année, sur la FOX, j'ai suivi le seul drama médical dorénavant valable de la télé US, me suis fait avoir par une nouvelle arnaque signée J.J Abrams et honteusement séduire par l'offre sexy sci-fi du vendredi soir. Et enfin plus récemment été rassuré quant à l'humanité de Ryan Murphy par le visionnage du très chouette pilote de Glee.
House, M.D - Saison 5
******

Comme l'année dernière, cette saison peut être coupée en deux. Mais contrairement à l'année dernière, c'était très moyen. Mais vraiment. Tout d'abord parce qu'au bout d'une poignée d'épisodes, sont préférés à Wilson, son deuil et sa relation avec House, le personnage de Thirteen, sa maladie d'Huntington et sa liaison avec Foreman. Le résultat à l'écran est à la hauteur de l'idée, à savoir soporifique, sans surprises et artificiel, le duo Wilde/Epps ne possédant aucune alchimie. Seul bon point, l'inutile perso du détective privé disparaissait dans la foulée.
L'autre fil rouge de cette première partie de saison, bien que bienvenu, car centré sur Cuddy, laissait quant à lui sur sa faim : sa quête de bébé, maintes fois amorcée, si elle progressait enfin, se concluait en effet à la mi-saison de façon quelque peu... parachutée.
Si la seconde partie s'avérait un peu plus attrayante, c'était uniquement en raison de son imprévisiblité. Et même foutraque. En effet, pêle-mêle : Taub fait sa crise de la quarantaine, Cuddy galère dans son nouveau rôle de mère, Cameron la remplace à la tête de la clinique, House se rase, Kutner se suscide, Wilson traine dans son bureau, House embrasse Cuddy, Cameron et Chase décident de se marier, mais non pas sans quelques difficultés, la demoiselle persistant à conserver le sperme de son ex-mari décédé... Et non, ce n'était pas dans Grey's Anatomy.
Restent les trois derniers épisodes, maladroitement rattachés aux précédents, mais clairement à part. House a des visions d'Amber, souffre d'insomnies, s'affaiblit, jusqu'à un cliffhanger final impeccablement exécuté. Cinq dernières minutes innatendues et maitrisées. (Un peu comme pour Grey's Anatomy, la classe en plus.)
Une reprise en main néanmoins trop tardive. Car cette année, sans doute confortés par la réussite de la saison précédente, Shore et son équipe se sont en effet lâchés, et, comme le prouve le petit résumé de dessus, ont expérimenté à tour de bras, tâchant de faire exister leurs personnages secondaires en dehors de leurs interactions avec House, et de créer, d'une certaine façon, un ensemble show. Peine perdue, et, tel un aveu, c'est vers leur héros qu'ils se tournent pour retrouver l'énergie des débuts, et insufler un peu de drama dans les derniers épisodes. Dommage pour les autres comédiens, dont certains auront pourtant encore su me bluffer : une Lisa Edelstein à fleur de peau et toute en justesse, ainsi qu'un Robert Sean Leonard plus que jamais impeccable dans un rôle pourtant difficile, et ce dans chacune de ses trop rares scènes.
l'épisode : le très bon Birthmarks (1x04), qui revient sur les origines de l'amitié House/Wilson, et scellant le début de leur réconciliation.
Fringe - Saison 1
******
J'aurais abandonné dès le pilote, si il n'y avait pas eu ce nom, ces scénaristes, cette musique, ce pitch banal et donc ultra-maléable , et cette réalisation soignée. Alors j'ai tenu le coup, enchaîné les 21 épisodes, aidé il est vrai par des scènes d'intro très réussies, et faisant fi du cast sous-exploité et du manque d'ambition artistique de la chose. Mais je n'irai pas au delà.
Car, au final, l'impression d'avoir assisté à du divertissement creux et sans intérêt, à base de loners mous du genou et de quelques épisodes mythologiques inconsistants, demeure bien persistante. Un peu comme si Alias avait commencé par sa saison 4. En pire.
aucun épisode en particulier. Mais j'ai bien aimé la scène d'ouverture du 13ème, The Transformation. Très cool.
---------------------------
Sexy Sci-Fi Friday akka la soirée des mecs qui ont trop regardé Battlestar Galactica.
Terminator : The Sarah Connor Chronicles - Saison 2
******

Josh Friedman m'aura bluffé : après une première année plutôt maladroite, misant essentiellement sur l'action bourrine et multipliant les incohérences, il nous propose une seconde saison bâtie sur une mythologie intelligemment et soigneusement élaborée, pour un résultat hautement satisfaisant : après une première partie enthousiasmante, mêlant introspection des personnages, via de passionnantes sessions chez le psy, et divertissement bien fun, les derniers épisodes enchaînent les moments de bravoure, et concluent la série avec classe. Des défauts persistants, cependant, qui auront sans doute contribué à la désertion des télespectateurs : un rythme narratif vraiment trop faiblard, et des épisodes de remplissage vraiment calamiteux en milieu de saison (les rêves de Sarah, insupportables.), masquant difficilement le manque d'intrigues pour une saison de 22 épisodes. Premier véritable show s-f post-BSG, Friedman s'est en cela posé en digne héritier de son modèle.
Et sinon, très content de la sortie de la BO signée Bear McCreary, excellente.
l'épisode : Adam Raised a Cain, l'avant-dernier épisode, avec ses scènes d'action marquantes, portées par une réalisation plus que jamais soignée, la passionnante mise en place des enjeux pour le final, et sa conclusion bercée par le chant d'un ex-Terminator et d'une fillette. Flippant.
Dollhouse - Saison 1
******

En voilà un autre qui a trop regardé Sci-Fi. Quatre ans ont passé depuis la fin d'Angel, et Joss, entre deux numéros de comics, et une géniale mini-série musicale, a regardé la télé et fait tourner son lecteur dvd. Bien plus que Veronica Mars, héritière d'un ton dont il est après tout l'instigateur, c'est pour la bien plus novatrice oeuvre de Ronald Moore qu'il s'est passionné, et qui l'a sans doute amené à créer l'ambitieuse série de science-fiction qu'est Dollhouse. Et ce pour un résultat à moitié convaincant.
C'est presque au jour le jour que que le fan acharné que je suis a pu suivre la difficile production de la série, et pu donc revoir ses attentes à la baisse. Et au regard des cinq premiers épisodes, j'ai vraiment bien fait ; des loners profondément ennuyeux et frôlant parfois la nullité, la faute à un concept de base ne se prêtant clairement pas à cet exercice. Passé le fameux sixième épisode, la chose prends cependant enfin forme, et excepté un autre loner foireux, la série impressionne et passionne, avec pour points culminants les excellents 8ème et 9ème opus.
Si le final (pas signé Whedon, mais Minear ; un désaveu ?) s'avère être une semi-déception, c'est surtout en raison de sa prévisibilité, et de la très maladroite gestion de la majorité des intrigues : les motivations d'Alpha (Alan Tudyk, pourtant excellent), la mise à l'écart des meilleurs atouts du cast, à savoir les trois autres dolls, et une actrice principale plus incompétente que jamais. Je garde donc espoir pour la seconde saison, qui, pensée par un Joss conscient de ses points forts et de son point faible (Eliza), et peut-être plus libre de de ses moyens, pourra enfin concrétiser ses ambitions de départ, et nous offrir une autre série géniale de son cru.
l'épisode : si le 9ème demeure mon préféré, le huitième, Needs, est tout aussi bon ; car si, initialement, je m'inquiètais de voir une telle intrigue -l'évasion, certes planifiée, des dolls- utilisée si tôt dans la série, le premier véritable approfondissement des personnages principaux qu'elle a permis m'a définitivement convaincu. Et aussi pour la réussite visuelle de la sortie finale.
18 mai 2009
Saison 2008/2009 : Bilan !

Comme chacun sait (du moins les quelques lecteurs assidus de ce blog...), cette semaine ont commencé les upfronts, et son cortège d'annonce de renouvellements, d'annulations, et autres annonces de nouveautés : les networks préparent la rentrée prochaine, et dressent le soit-disant mauvais bilan financier de l'année qui vient de s'achever. Mais quid de la qualité en tant que telle ? Chaîne par chaîne, je sélectionnerai très subjectivement ce que j'ai retenu de cette saison, et m'efforcerai de distinguer le bon du moins bon... On commencera par la FOX, évidemment.
29 décembre 2008
Mi-Saison US 2008/2009 : Pause-Bilan
On le sait, fin d’année oblige, la majorité des séries lancées à la rentrée sont en hiatus, pour un retour généralement prévu vers la mi-janvier. Au final, un bilan plutôt tristounet de ces premiers épisodes, d’où l’absence de posts durant ces derniers mois. Néanmoins, certains moments justifient encore mon retour régulier devant mon petit écran, et méritent donc, dans l’esprit des très proches cérémonies de récompenses hollywoodiennes, ou encore certains classements journalistiques actuels, d’être salués par un petit classement. Rapide tour d'horizon de ces scènes, prestations d’acteurs, tournants scénaristiques, ou choix de production qui m'ont marqués. Souvent en bien, parfois en mal.
Le générique Après David Milch, c’est à Alan Ball de se (et nous) faire plaisir sur HBO, qui diffuse sa toute nouvelle création. Moins consensuelle encore, pour ne pas dire plus tordue, mais tout aussi personnelle et soignée, True Blood est un véritable ovni, de la veine d’un certain Twin Peaks, aux choix artistiques parfois déconcertants, mais toujours fascinants. A l’image de son générique, qui donne envie de monter le son dès ses premières images. Ca commence dès le pilote : True Blood - 1x01 Strange Love
Le moment musical
La très attachante nouvelle amie de Landry entamant une reprise improvisée et hésitante d’un hit des Flaming Lips sur un piano ; un moment simple et drôle, et les pémisces d'une jolie relation, parfaitement écrite, comme toutes celles d'FNL cette saison.
Friday Night Lights – 3x07 Keeping Up Appareances
-

-
La scène culte
Vic McKay confessant trois années de crimes devant une Olivia Murray estomaquée. Une intensité de jeu rarement atteinte sur le petit écran, et où le formidable média qu’est la fiction sérialisée démontre tout son intérêt, quand elle est maitrisée : celle de faire le bilan de 7 saisons en une scène.
The Shield - 7x12 Possible Kill Screen
Le moment actor’s studio
Serena Vanderwoodsen qui passe du côté obscur. Ou Blake Lively qui nous fait, une marguarita à la main, une moue au ridicule achevé, prouvant à tous que n’est pas Leighton Meester qui veut. Tout à fait le genre de scènes que j’attendais pour abandonner la série. Définitivement.
Gossip Girl - 2x04 The Ex-Files
Le moment musical 2
Chuck Bartowski qui se réveille sur The Power of Love. La réminiscence d’un film culte, et l’envie quasi instantanée de revoir l’épisode. Enfin juste la scène. Faut pas abuser, quand même…
Chuck - 2x03 Chuck Vs The Break-Up

-
La scène d’ouverture
Ou plutôt LES scènes d’ouverture, celles de Life, la série d’NBC. Dont j’ai finalement fini par tomber amoureux de l’atmosphère au bout de cinq épisodes. Surtout grâce à ses arrivées sur les scènes de crime, portées par une mise en scène classieuse, et rythmées par une BO parfaite. De quoi plonger dans l’ambiance. Direct.
S’il faut en choisir une : Life - 2x10 Evil… And his brother Ziggy
La scène de ménage
Dans un accès de colère, Pete Campbell balance (soigneusement) le dîner préparé par sa femme par la fenêtre. Un geste qui n’arrange pas l’image que l’on se fait du chargé des relations publiques de Sterling-Cooper : celle d'un petit garçon qui peine à devenir un homme.
Mad Men - 2x
Le moment musical 3
Le previously du season premiere de Supernatural sur fond de AC/DC… Comme l’année dernière. Et ça le fait toujours autant. Et j’aime bien le nouveau générique. Oui, celui avec les corbeaux qui s’envolent. Et tout ce qui suit est très bien aussi.
Supernatural - 4x01 Lazarus Rising
Le téléfilm
En même temps, c’est le seul que j’ai dû regarder. Il reste que 24 Redemption, c’est vraiment mauvais. Le pari était, il est vrai, difficile : faire d’un double-épisode de la série, production concept par excellence, une œuvre indépendante. Le fond ne suit malheureusement pas : caricatural, mou du genou, et prévisible, une préquelle qui fait craindre le pire pour la saison 7.
24 - 7x00 Redemption

-
La terminatrice
Hésitante au début, Summer Glau aura finalement su donner vie (si j'ose dire) à un perso difficile : celui d’une machine à tuer inexpressive mais agréable à regarder : scènes de combat comme moments plus intimistes, elle captive à chacune des ses apparitions, contribuant grandement à la qualité d’une série (enfin) accrocheuse et efficace.
Un très bon centric episode: TTSCC - 2x11 Self Made Man
-
Le moment musical 4
Michael Scott et Holly Flax qui rappent dans l’entrepôt de Dunder-Mifflin. Une complicité indiscutable, en grande partie due à une évidente alchimie entre deux talentueux acteurs. Amy, reviens !
The Office - 4x01 Weight Loss
La scène gore
La désintégration d’un vampire version Alan Ball. A côté, chez Joss, c’est de la rigolade. Du sang en veux-tu en voilà, et au final une jolie robe virginale bien amochée. Dé-gue-lasse. Et donc forcément cool.
True Blood - 1x09 Plaisir d’Amour
Le générique de fin
On en revient à The Shield, et son générique final nostalgique et formidablement émouvant. Les Sopranos ont eu le classique Don’t Stop Believing de Journey, les Fisher, le puissant Breathe Me de Sia, la brigade de Farmington aura le Long Time Ago de Concrete Blonde définitivement associé à sa légende. Après une scène finale brillante, deux dernières minutes obsédantes.
The Shield - 7x13 Family Meeting
03 décembre 2008
Apothéose
The Shield – Series Finale
-

Parfaite. Telle fut la fin de la série policière de Shawn Ryan. Remarquablement écrite, et parfaitement interprétée, à l’image de 7 années d’une constante qualité (si ce n’est peut-être une saison 4 un peu en deçà…). C’est un grand classique de la télévision qui s’achève, et sans doute le dernier qui restait. The Wire, The Sopranos, Six Feet Under… Autant de chefs d’œuvre à la fin planifiée, pensée, et écrite par de véritables auteurs, soucieux de conclure leur création avec respect et panache.
C'est avec une certaine facilité que Shawn Ryan déclare avoir écrit le dernier épisode. Cela se ressent parfaitement à l’écran ; chacune des destinées de ses personnages sonne comme une évidence, et le récit de celles-ci, d’un naturel et d’une fluidité narrative déconcertants. Tragique et définitive pour certains, amère mais pleine de promesses pour d’autres, toutes s'inscrivent dans une continuité amorcée dès le pilote. Chacun a droit à un regard, une vraie attention, témoignant de l’attachement de l’auteur à chacun d’entre eux. Un souci du détail particulièrement exacerbé pour les personnages principaux, qui n’auront jamais été aussi humains que durant ces derniers instants.
Des personnages auxquels le cast donne vie une dernière fois avec le talent qu’on leur connaît (CCH Pounder, Michael Chiklis et Walton Coggins en tête), et offrant aux téléspectateurs des scènes qui marqueront durablement leurs esprits : la confession de Vic, les derniers moments de Shane et de sa famille, le pétage de plombs de Claudette, l’arrestation de Ronnie, la confrontation Vic-Claudette, et évidemment LA scène finale ; inattendue, mais d’une justesse incroyable.
The Shield s’est conclu sur un générique final entrecoupé d’images (très judicieusement) choisies des saisons précédentes et rythmé par A Long Time Ago, de Concrete Blonde : un dernier regard nostalgique, et définitivement une page qui se tourne…
-
Merci, Monsieur Ryan.
09 juin 2008
The Office - Saison 4 : Bilan
-
-
Comme promis, retour sur la quatrième saison de The Office qui s’est achevée le mois dernier sur NBC. Une année de transition, qui s’annonçait difficile, mais au final plutôt satisfaisante. La fin de la saison précédente avait en effet révélé des scénaristes en début de sérieuse panne d’inspiration. Si l’humour et la subtilité étaient toujours au rendez-vous, les épisodes ayant vraiment pour cadre les bureaux de Scranton se raréfiaient, et ce au profit d’incursions de plus en plus fréquentes dans la vie personnelle des employés (le point culminant en la matière étant évidemment le mariage de Phyllis). Une vie personnelle, et surtout sentimentale, dont on commençait qui plus est à faire le tour. Après le triangle amoureux Jim-Pam-Roy lors de la saison 2, c’est le carré Karen-Jim-Pam-Roy qui marqua ainsi la saison 3. Si le traitement de ces intrigues fut largement à la hauteur, leur dénouement, heureux pour le couple central, conduisait simultanément à la conclusion de l’un des (du ?) fil rouge de la série.
La voie choisie par les scénaristes sera celle déjà empruntée par Marta Kauffman et David Crane sur Friends, qui, après avoir trituré le couple Rachel-Ross dans tous les sens, décidèrent de se concentrer sur le couple Monica-Chandler. A savoir s’attarder sur un autre couple, moins populaire, mais tout aussi attachant.
La relation Dwight-Angela n’était jusque là qu’une intrigue de second plan, un petit bonus pour le spectateur, réconforté de voir deux personnages aussi tordus s’être trouvés. La saison 4 sera l’occasion de tester la solidité de leur couple. C’est la brutale rencontre des aspects les plus freaks de leurs personnalités respectives qui marquera le début des problèmes : Au cours du season premiere, Dwight, dans sa grande mansuétude envers le règne animal, abrège en effet les souffrances de l’un des chats malade d’Angela, provoquant leur première rupture. Andy Bernard (ce nom...), seul rescapé des nouveaux employés de la saison 3 (au passage, je regretterais toujours un peu le débarrassage un peu expéditif de ces derniers, qui auraient pu renouveler l’intérêt de la série) s’engouffre alors dans la brèche et sort avec une Angela dépitée et un brun revancharde.
Les similitudes avec les intrigues antérieures de la série sont cependant entièrement assumées par les auteurs, comme le prouve une très belle scène où Jim réconforte un Dwight anéanti dans la cage d’escalier. Il ne s’agit que d’une déclinaison pathétique et donc plus drôle de la relation Pam-Jim. Preuve supplémentaire, ils finissent également ensemble dans la dernière minute du season finale, dans une scène renvoyant directement à la fin de la saison 2.
Plus pathétique encore, le couple Michael-Jan. Déjà bien développée au cours de l’année précédente, leur relation fait mine de rien l’objet d’un traitement bien plus approfondi que celui du couple phare de la série. C’est avec un malin plaisir que les scénaristes ont pris soin de désacraliser le personnage de Jan, touchant ainsi l’un des thèmes majeurs de la série : le jeu des apparences, à savoir la triste réalité derrière le rôle joué par chacun dans sa vie professionnelle. De la femme fatale sûre d’elle-même et d’un sérieux désarmant, il ne reste qu’une mégère castratrice (littéralement !) et faisant subir son insécurité à son compagnon de toutes les manières possibles.
De chanceux, Michael devient à nouveau homme à plaindre. Les rôles s’inversent progressivement, et ce de façon plus ou moins subtile (oui, le coup de l’opération mammaire ne m’a pas vraiment convaincu…) mais pour un résultat au final plutôt convaincant.
Michael finit par rompre avec elle, au cours d’un dîner entre amis apocalyptique, et se met aussitôt en quête d’une remplaçante. On aborde à nouveau ici une facette essentielle du personnage. Sa vie a pris beaucoup de temps à commencer, et il a beaucoup de choses à rattraper. Sur ce point, le parallèle avec Jim est particulièrement mis en avant au cours de la saison. Mais j’y reviendrai… Michael veut avoir des enfants, et être heureux. Bref, avoir ce que ses collègues et subordonnés ont, une petite vie tranquille. Son souhait se trouve d’une certaine façon exaucé au cours d’un final plutôt réussi. Jan s’avère être enceinte, suite à une insémination artificielle, et demande à Michael d’en être le père. Ce dernier accepte, faisant une croix sur la femme parfaite qu’il venait de rencontrer, en la personne de la nouvelle responsable des RH, interprétée par l’excellente Amy Ryan. Bref, la famille avant tout, une fois encore.

D’ailleurs, quid de la famille de substitution ?
Les employés de Dunder-Mifflin constituent un précieux vivier d’intrigues pour les scénaristes, et le prouvent au cours de cette saison, définitivement placée sous le sceau de la confrontation. Et ce que ce soit envers l’ennemi « naturel », Michael, ou envers eux-mêmes.
Les relations entre Michael et ses employés se sont construites et ont évolué, comme tout rapport hiérarchique qui se respecte, sur des non-dits et sur des (re)sentiments refoulés de la part de ces derniers. Contre toutes attentes, certains d’entre eux décident d’y mettre fin. Stanley, sans doute le seul perso nourrissant une véritable animosité à l’égard de Michael, nous offre ainsi un face à face mémorable dans la deuxième partie de la saison. Toby, d’un autre côté, finit par craquer, révélant à demi-mot ses sentiments à une Pam toujours aussi naïve, et décide de fuir – littéralement, là encore – et de démissionner. La haine de Michael à son encontre, ressort comique récurrent de la série, prends dès lors fin, connaissant son apogée dans le season finale. Une haine qui, au passage, je pense due au fait que Toby était le seul personnage plus malheureux que Michael. Une tristesse que Michael ne pouvait supporter au quotidien.
Autre forme de confrontation, la remise en question. (ça, c'est de la transition...) Et ce pour les deux personnages les plus jeunes. Jim tout d’abord. Son nouveau poste de numéro 2 le pousse en effet à prendre des décisions, et donc à s’investir dans la vie de l’entreprise. Et surprise, il est plutôt mauvais. C’est un tir au flanc, qui jusqu’à là pensait qu’une fête commune d’anniversaire était une bonne idée, que veiller aux étrennes du gardien était facultatif, et que les sarcasmes étaient sans conséquences, qui finit enfin par grandir. Grâce à Pam, et surtout pour Pam. La demande en mariage n’est d’ailleurs que partie remise, et n’est de mon point de vue qu’un simple et plutôt maladroit rebondissement.
Ryan, de son côté, malgré sa promotion et son déménagement à New York, n’est pas négligé pour autant (Même si sa présence au générique reste toujours aussi discutable). Alors que Kelly se réconforte dans les bras de Darryll (monté en grade suite au départ de Roy), celui-ci s’investit à fond dans son nouveau job. Trop jeune, trop inexpérimenté, trop arrogant aussi, son premier projet se solde par un échec cuisant. Un projet qui constitue le fil rouge de la saison, (et accessoirement seule intrigue réellement liée au monde du travail, mis à part les suites du licenciement de Jan) : la création de Dunder-Mifflin Infinity, service de vente en ligne. Une modernisation jugée nécessaire par l'ex-intérimaire, pas très doué pour la vente à l’ancienne, envisagée depuis un bon bout de temps (on se rappelle de l’intervention de Michael à son université…) et qui ne connaitra pourtant que des couacs, jusqu’à une issue inévitable et plutôt violente : drogues, licenciement, et même arrestation pour fraude. Un peu overzetop si vous voulez mon avis.
L’excès, un piège avec lequel la série flirte d'ailleurs désormais un peu trop souvent.
Il reste que de manière générale, face à ces intrigues, l’impression que les scénaristes ont grillé leurs dernières cartouches reste persistante. On peut en cela les rapprocher de ceux de la saison 5 de Scrubs, qui, en offrant au spectateur les « clés » des personnages secondaires de la série, révélaient l'épuisement créatif qui les guettait. En découvrant que Todd était Le Todd, les pensées du Janitor, ou encore la femme de Dr Kelso, la fin ne semblait que plus proche. C’est aussi le cas face à cette seconde moitié de saison, où je ne peux ainsi m’empêcher d’être surpris de voir Michael s'agacer de l'éternel comportement de lèche-bottes de Dwight.
On peut ainsi légitimement être inquiet quant à l’avenir du show, qualitativement parlant. Si les contraintes de production de cette année ont pu être surmontées, - je remercierais à ce titre la grève d’avoir réduit la commande initiale d’épisodes d’un tiers, les scénaristes de ne pas avoir intégré la grossesse d’Angela Kinsey à la série, et les réalisateurs de l’avoir plutôt bien caché – la suite s’annonce difficile : outre le très dispensable spin-off, la commande de près d’une trentaine d’épisodes pour la prochaine saison constitue un défi de taille. Espérons que les nouvelles storylines lancées pour la saison 5, à savoir l’intégration de la nouvelle Toby, les cours de design de Pam, la grossesse de Jan, et pourquoi pas le procès de Ryan, soient maîtrisées, que la série se recentre enfin sur le monde du travail, et enfin que certains des personnages secondaires bénéficient d’un développement aussi réussi que celui qu’a connu Kevin cette année.
14 mai 2008
Reaper : Regeneration

-
Il y a encore deux semaines, Reaper était le genre de série que je suivais du coin de l’œil en attendant une prochaine annulation. Pourtant, la récente annonce de son renouvellement par la CW m'a fait plaisir. Retour sur une nouveauté qui a su profiter de la grève…
Au départ, Reaper, c''était un pitch de départ décliné à l'identique sur près de 13 épisodes sans l'ombre d'une innovation : à savoir le héros employé dans un magasin d’outillage qui chasse des âmes échappées des enfers pour le compte du diable, avec accessoirement l’aide de ses deux potes. Et quelques interactions avec d’autres persos plus ou moins effacés: au boulot : Ted, l'irritant assistant manager, Andy, la (très) jolie fille destinée à finir avec lui, et à l’extérieur : Josie, dans le rôle ingrat de la meilleure copine de cette dernière, les parents du héros, et son frère invisible.
Reaper, ça a aussi été sur le fond une ambition proche de Charmed : une soi-disant menace surnaturelle, des intrigues personnelles soporifiques et prétendument drôles sensées alléger le tout, et une affaire torchée au bout de 40 minutes avec un diable au sourire quasi permanent qui rappelle à la fin qu’il est méchant, même si il en a pas l’air. Une imperturbable structure narrative, balisée à l’extrême : l’arrivée du diable - le contenant - la capture - le dépôt chez Gladys.
Et Sock qui balance des vannes à chacune de ses scènes, histoire de compenser la fadeur de l’interprète principal.
Le manque de mythologie solide et maitrisée apparaît donc très vite comme le véritable point faible de la série. Aucun véritable arc ne se dégage véritablement des 10 premiers épisodes, si ce n’est deux choses :
le contrat signé par les parents de Sam avec le diable, élément mythologique destiné sans doute à être développé ultérieurement,
une ancienne romance du diable, incarnée par la sublime Melinda Clarke, et surtout ses conséquences, avec le perso de Cady, interprété par la non moins délicieuse Jessica Stroup.
Le dernier épisode pré-grève s'achevait ainsi sur les débuts de la relation Sam-Cady, avec pour futures intrigues envisageables, la révélation de la nature démoniaque de cette dernière et sa future rivalité avec Andy. Bref, pas de quoi se relever la nuit.
Et, en avril, le 11ème épisode est arrivé. Une intrigue du jour bateau, et pourtant, une impression de changmement… Cady est aux abonnés absents, Sam déménage et s’installe avec Ben et Sock dans un appart tout neuf, et la mère de Sock fait une apparition tout aussi rapide qu'inutile. L’épisode suivant poursuit sur cette lancée : deux nouveaux personnages font leur apparition, à savoir le couple de voisins, et Casey revient une dernière fois pour une brève et très vite expédiée confrontation avec Andy.
Via cette laborieuse et douloureuse phase de transition, c’est une véritable redistribution des cartes qui est opérée : la série se recentre sur ses jeunes personnages, les parents passent officiellement à la trappe, et l'univers fantastique de la série se développe, s’affranchissant de gimmicks déjà très pesants.
Avec l’épisode 13, un cap est vraiment franchi par des scénaristes qui semblent décidés à ne plus cloisonner les personnages et à prendre des risques. La révélation de la véritable nature des voisins et l’implication d’Andy dans l’escaped soul du jour sont ainsi autant de perspectives intéressantes.
L’épisode 14, le bien-nommé Rebellion, s’avère être ainsi tout simplement le premier bon épisode de la série : avec son rythme très soutenu, son intrigue intéressante qui aurait pu nourrir plusieurs épisodes, et un sympathique toutéliage, on a l’impression de redécouvrir la série. Ken Marino s’avère être une très bonne addition au casting, et on se surprend à vouloir voir le suivant.
Et on n’est pas déçu : les intrigues sont assumées, avec des développements parfois attendus, mais annonciateurs de bonnes choses, avec un Tony qui prépare sa révolution et une Andy qui apprend enfin la vérité.
Alors oui, les points faibles demeurent : à savoir des raccourcis toujours trop visibles (et vas-y qu’on te parle du complot au téléphone), un perso principal toujours aussi peu attachant (un peu Meredith Grey dans son genre, celui-là), des intrigues secondaires peu folichonnes (le mariage blanc de Ben, sa future copine, probable Josie 2.0…) et la nécessité d’un monster of the week toujours aussi barbant.
Mais le plaisir est là : la série se développe, les personnages prennent enfin corps, et les enjeux sont intéressants. Si elle demeure un rejeton un peu bâtard de Buffy, sur le fond, avec son second degré et son côté teen show fantastique, et sur la forme, avec ses loners inauguraux et son arc final, elle trouve néanmoins progressivement sa personnalité.
J’espère que les trois derniers épisodes continueront sur cette lancée, et, qu’à l’instar de Supernatural, elle nous proposera une seconde saison d’un niveau supérieur, qui me fera oublier qu’elle est la cause de l’arrêt d’Aliens In America…