19 décembre 2007

Hello Wisconsin !

“And you are about to read a book that my foot wrote. It's called On The Road To In Your Ass”  –Red Forman

Cast2La saison 2 de That 70s Show est dans les bacs depuis quelques temps, et je ne l'ai toujours pas acheté. Et pas seulement parce que le coffret est moche.

J’aime beaucoup les sitcoms, et les années 90 nous ont offert des perles du genre. Frasier, Seinfeld, Friends sont ainsi des classiques indémodables que je ne me lasse pas de revoir. Elles ont pour particularité d’avoir toutes les trois diffusées par NBC, dans son fameux must see TV du jeudi soir. Aujourd’hui encore, elle reste le network de référence en la matière. La FOX s’est pourtant aventuré sur le terrain à plusieurs reprises, mais souvent sans succès. That 70s Show fait partie des rares réussites. J’ai personnellement découvert la série sur France 2, après - ou avant, je ne sais plus vraiment - Friends les mercredis après-midi. Et j’ai très vite adoré la série, que j’attendais même avec plus d’impatience que la série de Kauffman et Crane, qui en était alors à sa faiblarde saison 6. La plus grande réussite de That 70s Show , et la presse US n’a cessé de le répéter à ses débuts, c’est son cast. Des ados aux adultes, l’alchimie est parfaite. Mais c’est aussi des scénarios particulièrement soignés, qui sentent le vécu (n'oublions pas que la majorité des auteurs des séries actuelles ont connu cette époque), et transcendent leur contexte d'origine. Tandis que des épisodes tels que The Keg ou Eric’s Burger Job nous font revivre ces petits moments de l’adolescence et ces premières confrontations au monde des adultes, d’autres, tels que Streaking ou A New Hope mêlent peinture sociale et hommages à la culture pop américaine.

Comme dans toute bonne vieille sitcom, on retrouve des archétypes bien rôdés, mais utilisés (le plus souvent) de façon subtile. Que ce soit le personnage principal, sa dulcinée la girl next door un poil garçon manqué, le gars cool, le naif, l’idiot, la chipie, ou même les parents, tous sont au service de l’histoire, et s’y intègrent parfaitement. Chaque épisode aborde un thème précis, et se suffit à lui-même, le season finale y compris, et ce contrairement aux saisons qui suivront. La série se distingue cependant des classiques du genre par un ton un poil politiquement incorrect, mais parfaitement justifié. Ce sont évidemment les petites séances de fumette, mais aussi les petits coups tordus qu’ils se font entre eux que l’on ne verrait jamais dans une série telle que "Friends", où les rares disputes nécessitent de véritables réconciliations. Là, l’amitié est implicite. La pudeur inhérente à leur âge fait que c’est dans des petits détails que l’on trouve des indices quant à la nature de leurs relations. On retrouve cette finesse et cette tendresse dans l’histoire d’amour naissante entre Eric et Donna, fil rouge de la série, mais aussi dans le couple Red-Kitty, parfaitement incarnés par Debra Jo Rupp et Kurtwood Smith. Bref, la qualité est présente au niveau de l’écriture comme de l’interprétation, faisant de la première saison un excellent cru, mieux maitrisé même que la première saison de Friends. Mais contrairement à cette dernière, le niveau ne cessera de baisser progressivement dès la saison suivante.

La seconde année s’avère en effet être en deçà de la première. La faute à un manque d’innovations flagrant, qui ne cessera de s’accentuer. Qui plus est, les rares évolutions ne sont pas toujours heureuses : la série adopte un rythme plus feuilletonnant, et les relations (généralement amoureuses) entre les personnages occupent l'essentiel des intrigues. Si les bons, voire très bons, épisodes sont encore nombreux, on ne peut s’empêcher au final d’être un peu déçu arrivés au season finale et son cliffhanger raté, faute de véritables enjeux. Un goût amer qui s’accentuera par la suite, avec la nette impression, au final, que les acteurs s’amusent plus que nous. On ne comptera ainsi plus les fous rires réprimés de Mila Kunis à partir de la saison 4, dernière saison de qualité correcte. La saison 2 reste tout de même plus que recommandable. L’addiction de Lisa Robin Kelly au cast, (qui disparaitra dans une école de coiffure au milieu de la saison 3) est très bénéfique à la série - ses joutes verbales avec Topher Grace sont autant de scènes hilarantes - et les relations entre les autres personnages sont approfondies, à l’image de la relation maître-élève qui s’installe entre Fez et Hyde. La série continue également d’explorer cette société américaine reaganienne, que ce soit de manière légère, par le biais de parodies d’émissions TV, ou de façon plus sérieuse, par les déboires professionnels de Red. On est encore loin du Ashton Kutcher Show et son défilé de guest-stars des saisons 5 et suivantes, et surtout de la désagréable sensation de tourner en rond.

Les dernières années ont en effet confirmé la chose. Il s’agit d’une sitcom mineure, prolongée inutilement par la FOX, (et moi qui croyais que Chris Carter leur avait appris à ne JAMAIS continuer sans le personnage principal) et bien en deçà de ses glorieuses ainées d’NBC, où le soin apporté à l’écriture tout au long de leurs vies en ont fait des œuvres bien plus abouties. Un manque d’ambition scénaristique et une équipe bien trop rôdée ont cantonné "That 70s show" au stade de sympathique divertissement. Sa saison 1 restera bel et bien seule sur mon étagère.

Posté par Brundle à 14:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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